Le symbole de Maître (DKM) a-t-il été créé par Mikao Usui ?

Hiroshi Doi

Bien qu’il soit considéré comme indispensable pour l’initiation aujourd’hui, le symbole de maître ne provient pas du Reiki originel, selon Hiroshi Doi.

Le fondateur du Gendai Reiki Ho, Hiroshi Doi, est un maître japonais de renommée internationale. Il est également membre de l’école créée par Mikao Usui, la Usui Reiki Ryoho Gakkai.

Aujourd’hui, dans la plupart des lignées, le symbole de maître (DKM) est considéré comme le plus important des symboles Usui. Transmis lors de la maîtrise jusque dans les années 90, Il servait principalement à réaliser des initiations.

En raison de ses vertus particulières, certaines écoles décidèrent de le rendre accessible à tous les praticiens, et plus seulement aux maîtres. Il fut alors transmis lors des stages de 3ème degré, la maîtrise devenant le degré supérieur, le niveau IV.

Le symbole de maître est donc systématiquement utilisé lors des initiations dans le Reiki moderne.

Aujourd’hui, les stages de Reiki sont souvent de courte durée et donnent une place centrale à l’initiation. Il est d’ailleurs fréquent d’entendre dire qu’il est impossible de faire du Reiki sans avoir été initié au préalable.

Mais qu’en était-il à l’origine ?

Mikao Usui entouré de ses élèves

L’initiation du temps de Mikao Usui


Dans une interview donnée par William Lee Rand, Hiroshi Doi apporte de nombreux éclairages sur la pratique du Reiki traditionnel.

Il explique notamment que dans le système initial, le symbole le plus élevé est le symbole de connexion (HSZSN).

« La signification des cinq kanji est : «Les bases pour devenir heureux commencent avec la bonne conscience.» C’est le dernier symbole des enseignements de la Gakkai. » précise le fondateur du Gendai Reiki ho. La Gakkai n’utilise pas le DKM, et aucun symbole n’y est utilisé lors des initiations par ailleurs.

Certains élèves de deuxième degré réalisent même des reiju (initiations) lorsqu’il n’y a pas de Shihan (maître) disponible.

D’après Hiroshi Doi, « Il n’y a qu’un seul type de reiju à la Gakkai et dans le Gendai Reiki Ho. Reiju ce n’est pas une technique pour donner des capacités spéciales. Son seul but est d’ouvrir le «canal» du Reiki. Il n’y a donc pas de reiju pour les débutants, de reiju pour les étudiants avancés ou de reiju pour Shinpiden »

À la Gakkai, le reiju est un support, une aide, qui facilite l’apprentissage.

Ensuite, l’étudiant s’entraîne patiemment pour affiner son énergie. Et c’est parfois très long. « Il n’y a pas de durée standard car le temps qu’il faut dépend du développement d’une personne. » nous dit Hiroshi Doi, qui avoue : « Il m’a fallu 10 ans pour terminer car j’étais trop occupé à ce moment-là pour assister très souvent au Kenkyu-kai. »

L’apprentissage à la Usui Reiki Ryoho Gakkai


Dans l’école fondée par Mikao Usui, l’enseignement est structuré en grades et sous-grades.

Shoden, le premier degré, est divisé en quatre niveaux, puis vient Okuden, le deuxième degré, qui comporte deux niveaux, et enfin Shipiden, le degré de la maîtrise.

À chaque étape, les maîtres vérifient que l’élève est prêt pour passer au niveau suivant. « La capacité de l’élève est soigneusement vérifiée (…) Les Shihan doivent tous être d’accord pour déclarer qu’un étudiant a terminé la formation. Il est rejeté même si un seul Shihan n’est pas d’accord. »

Suite au décès de Mikao Usui, ce sont ses élèves qui continuèrent à faire fonctionner son organisation.

Connaissant le respect des traditions inhérent à la culture japonaise, il est aisé de penser que l’enseignement actuel de la Gakkai est en grande partie conforme à celui de son fondateur.

Pour pouvoir apprendre le Reiki, du temps de Mikao Usui, il fallait donc travailler dur.

Le reiju était une aide précieuse, mais ne remplaçait pas les années d’apprentissage.

Ce genre de formation nécessite une organisation spécifique, bien structurée, dirigée par des maîtres expérimentés. Difficile alors d’exporter le Reiki sous cette forme…

Pourtant, si l’on en croit les dires de son fondateur, tout le monde doit avoir accès au Reiki, et dans les meilleures conditions.

Est-ce que cela explique le succès de l’initiation moderne, réputée permettre de canaliser immédiatement le Reiki, sans suivre un long entraînement ?

Mikao Usui

Qui a créé le DKM ?


Le symbole de maître est un élément indispensable au Reiki moderne, qui, nous l’avons vu, ne ressemble que peu au Reiki traditionnel japonais.

Si ce n’est pas Mikao Usui qui a introduit ce symbole, alors tout porte à croire que ce sont les Shihan de la génération suivante qui s’en sont chargés.

On retrouve le DKM dans deux des trois lignées venant de Chujiro Hayashi.

Le Komyo Reiki de Hyakuten Inamoto, utilise le symbole de maître. Ce n’est pas le cas du Jikiden Reiki de Tadao Yamaguchi, qui ne l’utilise pas.

Par ailleurs, à l’origine des lignées occidentales, le Usui Reiki Ryoho, transmis par madame Takata, comporte également le DKM à son plus haut degré.

Il se trouve que ces trois lignées remontent toutes à Chujiro Hayashi.

Madame Takata a reçu sa maîtrise directement de Hayashi Sensei, à Hawai. Ce serait donc bien Hayashi qui lui aurait transmis ce quatrième symbole, et pas un autre Shihan Japonais.

Bien que tout cela nous ramène à cet élève brillant de Mikao Usui (Hayashi a été formé du premier degré à la maîtrise en un an), les sources manquent encore pour pouvoir affirmer qu’il a introduit le DKM. Par ailleurs, pourquoi ne le trouve-t-on pas dans le Jikiden ?

Ce qui est certain, c’est que la ou les personnes qui ont introduit le DKM devaient avoir un niveau de connaissance très élevé, puisqu’ils ont réussi à reproduire les procédés qu’Usui Sensei avait utilisé pour créer les trois premiers symboles.

On peut supposer que lors de son élévation à la maîtrise, le Shihan recevait d’Usui des enseignements beaucoup plus profonds que dans nos stages modernes.

Mikao Usui mettait certainement ses élèves en lien avec les traditions dont il s’est inspiré pour développer son Reiki Ryoho.

Tout repose toujours sur une base, et un système aussi puissant que le Reiki ne peut avoir pour origine qu’une tradition solide et éprouvé.

Temple de Mao Son – Kurama Yama – Photo William Lee Rand

Un ajout cohérent


Comme nous allons le voir, plusieurs éléments indiquent une origine commune aux quatre symboles du Reiki Usui.

Ceux qui utilisent le DKM témoignent par ailleurs de l’intérêt qu’il apporte à la pratique du Reiki.

Hiroshi Doi dit l’utiliser dans son système, le Gendai Reiki Ho, car « il génère un effet de résonance élevé avec la vibration sacrée et créé le lien avec la conscience universelle en apportant sa lumière à notre propre conscience. »

Dans le cas où ce serait Mikao Usui qui aurait introduit ce symbole, cela signifierait qu’il ne l’aurait transmis qu’à très peu de maîtres.

À la Gakkai, les initiations sont sans rapports avec symboles, et n’ont pas l’importance qu’on leur donne en occident. Le symbole de maître, indispensable dans le Reiki moderne, n’existe tout simplement pas. Le mystère reste entier quand au Reiki originel de Mikao Usui…

Malgré cela, le DKM semble être en parfaite cohérence avec son héritage, comme nous allons le voir dans le dernier chapitre de notre étude.

Aux origines du Reiki Usui


Il est important de rappeler qu’à l’heure actuelle, il est difficile de dire avec certitude quels sont les enseignements sur lesquels Mikao Usui s’est appuyé pour créer son Reiki Ryoho.

Les sources auxquelles nous avons accès étant peu nombreuses à ce jour, cet article est donc susceptible d’être modifié au fil de nos investigations.

Cependant, en partant des noms des symboles, on peut déjà avancer que le Reiki Usui prend sa source en partie dans le Shintô. En effet, leurs quatre jumon (nom) portent en leurs racines quatre kototama, des sons sacrés du shintoisme japonais. Cette information nous donne donc une première une piste.

Chose intéressante, si Mikao Usui n’a créé que trois symboles, alors que les kotodama associés vont par quatre. Il en aurait donc laissé un de côté, créant un « vide » dans leur quaternaire.

D’autres éléments du Reiki pointent, eux, vers la spiritualité bouddhiste de Kurama Yama.

Outre le fait que Mikao Usui a eu son illumination sur le mont Kurama, après avoir suivi un profond entraînement dont on ne sait d’ailleurs pas grand chose, on y trouve un lien évident.

Il s’agit de la lettre sanscrit HRIH. Elle orne l’autel du temple de Mao Son, aux côtés de deux autres lettres du même type.

HRIH – Temple de Mao Son – Photo William Lee Rand
HRIH, lettre sanscrit, est associée à Senju Kannon, le Kami de la compassion

S’il est tentant de voir un lien entre l’énergie du symbole de l’harmonie (SHK) et la compassion attribuée à Senju Kannon, il est tout à fait impossible pour un élève de deuxième degré de ne pas reconnaître immédiatement le SHK en regardant HRIH.

D’autres indications proviennent de la prière récitée quotidiennement par les moines bouddhistes du Mont Kurama.

Dans cette prière, les déités Kannon, Bishamon Ten et Mao Son sont évoquées comme une trinité représentant respectivement L’Amour, la Lumière et la Force, soit les trois vertus attribuées aux symboles de deuxième degré.

Lorsqu’elle est réunie, cette trinité forme le corps du Sonten, source de toutes les bénédictions.

Présenté comme la dimension sacreé en amont de toute chose visible, Sonten est décrit comme la Grande Claire Lumière (Dai Ko Myo), soit le nom exacte du symbole de Maître.

Nous nous permettons d’écrire ici le nom du symbole, car c’est un mot japonais connu de tous, et qui signifie en essence Grande Lumière de l’Illumination.

Pour couronner le tout, on retrouve dans Dai Ko Myo les sonorités du quatrième kotodama, complétant ainsi le quaternaire suggéré par les jumon des trois symboles de deuxième degré.

Par la pratique, on peut sentir que l’énergie du DKM est lié à cette dimension supérieure, cette dimension sacrée. Tout en étant à l’origine de la manifestation du Reiki, elle est aussi le but que nous cherchons à atteindre lorsque nous pratiquons.

Nous sommes conscients du nombre d’incertitudes et du manque de sources qui permettraient d’affirmer que les origines du Reiki sont bien celles que nous supposons à ce stade.

Nous continuons nos recherches, tout en collaborant avec d’autres à enrichir notre connaissance commune du Reiki. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et de vos suggestions, ce sera avec grand plaisir que nous vous répondrons.

Aujourd’hui, au vu des éléments connus à ce jour, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :

° Si le DKM n’a pas été créé par Mikao Usui, il prolonge son travail de manière admirable

° Grâce à l’initiation moderne, la pratique du Reiki est compatible avec le mode de vie occidental

° La pratique du Reiki repose sur des bases profondes et solides, en ligne directe d’enseignements séculaires dont la pertinence s’est forgée à travers le temps.

Ces multiples jalons posés sur nos routes révèlent une fiabilité qui nous invite à pénétrer encore plus en profondeur dans la voie du Reiki.

Pas à pas, comme un chemin qui s’élève, le mystérieux héritage d’Usui Sensei lève doucement le voile sur ses joyaux purs de connaissance.

Kurama Dera – Temple de Kurama Yama, le mont où Mikao Usui reçut son Illumination

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