MIKAO USUI : L’ORIGINE

La véritable histoire du Reiki est difficile à retracer. La légende raconte que Mikao Usui, le fondateur du Reiki, aurait eu un satori, ou illumination, lors d’une profonde méditation de 21 jours.

Suite à cette expérience, il aurait constaté la présence du Reiki partout en lui-même. Il créa alors son système, le « Usui Reiki Ryōhō », qui se répandit rapidement dans le monde entier.

Il est très dur de connaître la véritable histoire du Reiki, ainsi que celle de Mikao Usui. Peu de documents sont disponibles, et les personnes l’ayant connue personnellement sont décédées ou demeurent introuvables.

Dans les années 90, plusieurs maîtres Reiki se mirent à faire des recherches actives pour remonter à la source du Reiki et en savoir plus sur son fondateur. Des maîtres occidentaux, notamment Frank Arjava Petter et William Lee Rand, pour ne citer qu’eux, ont fait un très gros et fructueux travail.

Les découvertes du manuel de Mikao Usui, le « Usui Reiki Hikkei », de sa stèle funéraire déposée par ses étudiants ainsi que la rencontre avec des proches de Mikao Usui nous ont donné des éléments d’informations. C’est également grâce à l’aide de Hiroshi Doi, maître Reiki Japonais et membre de la Usui Reiki Ryoho Gakkai, l’organisation fondée par Mikao Usui, ainsi que de son ancienne dirigeante, madame Koyama, que l’histoire suivante a pu être reconstituée.

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L’HISTOIRE DU REIKI

La légende raconte que Mikao Usui, le fondateur du Reiki, aurait reçu un satori, ou illumination, suite à une profonde ascèse de 21 jours sur le mont Kurama, au nord de Kyoto. Suite à cela, il constata la présence d’une nouvelle énergie émanant de son corps. Cette énergie était la plus pure et la plus bénéfique de tout ce qu’il connaissait au paravent. Il décida de nommer cette énergie « Reiki » et d’en faire la base de son système, le « Usui Reiki Ryōhō ».

MIKAO USUI, UN CHERCHEUR SPIRITUEL

Mikao Usui est né au Japon le 15 août 1865. Il est décrit comme étant un élève sérieux ayant de grandes capacités. À sa majorité, il aurait quitté le domicile familial pour voyager en Europe, en Amérique et en Chine(1). Les gens l’ayant connu parlent d’un homme bon, persévérant et mû par une recherche permanente du sens profond de l’existence.

Il aurait beaucoup changé d’emploi au cours de sa vie. Il aurait notamment été secrétaire de Shinpei Gotō, un homme politique devenu maire de Tokyo en 1920(2).

Mikao Usui grandit pendant l’ère Meiji (1868/1912), une ère de transformation profonde de la société japonaise. L’empereur Meiji réforma énormément le Japon, en le modernisant, et en incitant le peuple japonais à une vie plus spirituelle. Il imposa le shintoïsme comme religion d’état, et interdit toutes autres pratiques sous peine d’emprisonnement. Les japonais pratiquaient à l’époque un mélange de bouddhisme et de shintoïsme et il est fort probable que Mikao Usui ait étudié ces deux courants spirituels.

Il semblerait pourtant qu’il ne se soit pas arrêté à l’éducation religieuse traditionnelle de l’époque. En effet, en étudiant le système Reiki de Mikao Usui, on y trouve des ressemblances importantes avec le Mikkyō, le bouddhisme ésotérique. Le Mikkyō est une partie de l’enseignement que le Bouddha dispensait à ses étudiants les plus avancés, et qui n’aurait été consigné par écrit que très tard. Il permet une compréhension plus profonde de l’enseignement du Bouddha, et l’entrée dans « les mystères » du bouddhisme. Or, il y a des similitudes entre le Mikkyō et certains éléments du Usui Reiki Ryoho. Il y a donc de fortes chances pour qu’il l’ait étudié au cours de sa vie.

On a noté également des ressemblances importantes entre le Shugendō et le Reiki Usui, ce qui fait penser que Mikao Usui l’aurait étudié également. Le Shugendō est une pratique de développement spirituel par l’ascétisme et le contact privilégié avec la nature(3). Certains experts comparent le Shugendō au chamanisme. Le but du Shugendō est le développement d’expériences de pouvoirs spirituels (gen) par la pratique (dô) vertueuse de l’ascèse (shu) (cf. wikipedia).

Les Yamabushi, praticiens du Shugendō, grimpent en procession vers les sommets des montagnes pour pratiquer l’ascèse et se relier aux forces des mondes supérieurs. Il est probable que cette méthode d’élévation spirituelle ait fait partie du travail de Mikao Usui.

À la fin de sa vie, marié et avec deux enfants, Mikao Usui était toujours en quête spirituelle. On raconte qu’il ne se sentait pas accompli, malgré tous ses efforts. Pour trouver réponse à ses questionnements, il aurait décidé de faire une retraite sur le Kurama Yama (Mont Kurama), une montagne située au nord de Kyoto, en 1922. Depuis des milliers d’années, cette montagne est un lieu de culte, de retraite et de prière. Une énergie très particulière se fait sentir lorsque l’on s’y promène, ce qui en fit un lieu de recueillement pour de nombreuses personnes en recherche d’évolution.

Le mont Kurama est dominé par un temple, construit initialement en 770, et devenu depuis un temple bouddhiste de branche Tendaï.

Mikao Usui se rendit sur le Kurama Yama et pratiqua le Shugyō, qui signifie « poursuite de la connaissance » ou « profond entrainement »(1).

Composé de jeûne, de méditations, de chants et de prières, sa pratique dura 21 jours. Et selon la légende, au soir du 21ème jour, il aurait reçu un satori, ou « Illumination ». À partir de ce jour, une grande énergie lumineuse se mit à émaner de tout son corps.

A son grand étonnement, cette énergie semblait fonctionner différemment de tout ce qu’il connaissait. Ayant étudié la spiritualité tout au long de sa vie, et connaissant profondément le travail avec l’énergie, Mikao Usui reconnut que cette forme d’énergie dépassait tout ce qu’il avait expérimenté jusqu’à présent.

Il commença à appliquer cette énergie sur lui et ses proches, et fut impressionné par les résultats. Elle faisait du bien à tous ceux qui la recevaient, sans effort à faire pour la canaliser et la diriger. Cette énergie semblait être guidée par un principe supérieur, qui ne nécessitait pas d’être guidée par son esprit pour être efficace.

Il semble que le Satori de Mikao Usui lui ait permis d’accéder à un niveau de conscience très élevée et ainsi de finaliser ses recherches spirituelles. Il ne lui restait donc plus qu’à synthétiser tout son travail dans un nouveau système et d’y placer au centre cette « nouvelle » énergie.

Après un peu de pratique, il nomma cette énergie le « Reiki ». Et pour différencier son système des autres systèmes Reiki, il l’appela le « Usui Reiki Ryōhō », « la méthode de traitement Reiki Usui ». En effet, le mot Reiki est un mot de la langue japonaise, et d’autres systèmes énergétiques l’utilisaient déjà à l’époque. Il commença à donner des séances et à enseigner sous ce nom, en ayant rapidement un immense succès dans tout le Japon.

Pour enseigner le Usui Reiki Ryōhō, il fonda la Usui Reiki Ryōhō Gakkai, « l’organisation de Reiki Usui », rédigea une série de manuels (compilés par Mme Koyama sous le nom de Usui Reiki Hikkei(4) et mis en place un système d’initiation. Après avoir formé deux milles praticiens Reiki ou « Reikika* » au premier degré et entre 19 à 21 Maîtres Reiki (selon les versions), Mikao Usui décéda le 9 mars 1926 d’une attaque cérébrale, en laissant derrière lui un cadeau qui allait se répandre dans le monde entier.

L’Usui Reiki Ryōhō Gakkai continua de fonctionner après sa mort. Mais certains élèves de Mikao Usui quittèrent l’organisation pour devenir des Maîtres Reiki indépendants. Ce fut le cas de Chūjirō Hayashi, un capitaine de réserve de la défense militaire japonaise et officier médical(5), élève brillant de Mikao Usui. Après plusieurs années passées à la Usui Reiki Ryōhō Gakkai, Chūjirō Hayashi décida d’ouvrir un nouveau centre, le « Hayashi Reiki Kenkyūkai ». Il apporta des modifications au Reiki de Usui, ajoutant notamment le travail sur un lit en position allongée (auparavant, les bénéficiaires étaient assis) et le travail à plusieurs praticiens sur une seule personne(5). Son centre connut un succès immense.

MADAME TAKATA

Le Reiki a connu son essor en occident grâce à une dame nommée Hawayo Takata, une japonaise née à Hawaï en décembre 1900. Après une vie de dur labeur, pauvre et malade, cette dame fut contrainte de venir au Japon suite au décès de sa sœur en 1935. Enchevêtrée dans une série de cercles vicieux où sa maladie jouait un grand rôle, elle chercha sur place une solution à ses problèmes. Cela la mena au centre de Chūjirō Hayashi, où elle aurait bénéficié d’une prise en charge sérieuse. Hawayo Takata y reçu deux séances de Reiki par jour, et au bout de quatre mois, elle fût totalement guérie(6).

Madame Takata, enthousiaste, demanda alors à Chūjirō Hayashi de lui enseigner le Reiki. Chujiro Hayashi lui enseigna les premier et deuxième degrés sur une période d’environ un an. Fort de cet enseignement, elle retourna à Hawaii en 1937, en compagnie d’Hayashi. Ils y animèrent ensemble des stages et des conférences à travers toute l’île. La vie de Madame Takata était transformée, et par la suite le Reiki prit une place immense dans sa vie. Hayashi donna l’initiation de maîtrise à Hawayo Takata le 21 février 1938(6) à Hawaii, avant de rentrer au Japon.

LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

La deuxième guerre mondiale a beaucoup participé à brouiller les pistes de l’histoire originelle du Reiki, en partie parce que le Usui Reiki Ryōhō eu beaucoup de succès auprès des militaires (les deuxième et troisième présidents de la Gakkai étaient vice-amiraux de l’armée japonaise). Pour ne pas être assimilés au « mouvement pour la paix » qui était interdit à l’époque, les Reikika  durent se cacher pendant la guerre. Les nombreux bombardements et mouvements de populations obligèrent la Gakkai à déménager de nombreuses fois, et plusieurs documents furent détruits. La guerre n’épargna pas non plus Chūjirō Hayashi. Alors officier de marine de réserve, il se suicidât en 1939. Sa femme affirme qu’il l’a fait car il ne souhaitait pas retourner à la guerre après ces années passées au service du bien d’autrui(5). Selon d’autres sources, il aurait été accusé d’espionnage, peut-être justement à cause de son année passée à Hawaii, et dut se suicider pour préserver son honneur et celui de sa famille.

Madame Takata prit de nombreuses mesures pour pouvoir pratiquer le Reiki sans avoir de problèmes. Elle le renomma, pour un temps, « short wave traitment » (traitement par ondes courtes(7), et inventa une histoire alternative du Reiki. Elle racontait par exemple que Mikao Usui était un théologien chrétien enseignant à l’université de Chicago. Il est fort probable qu’elle fit tout cela pour faire accepter le Reiki par la société américaine de l’époque, qui fut notamment attaquée le 7 décembre 1941 par le Japon lors de la bataille de Pearl Harbor. Rappelons que Pearl Harbor se trouve justement dans l’état américain d’Hawaii.

L’EXPANSION DU REIKI

Après la guerre, Madame Takata donna de nombreuses séances et stages de Reiki, formant de plus en plus de nouveaux Reikika. Un nombre croissant de personnes vinrent la voir, marquant le début de l’expansion du Reiki aux États-Unis.

L’une des particularités de Madame Takata est qu’elle interdisait à ses élèves de prendre des notes ou d’enregistrer pendant les stages. Elle donnait un enseignement uniquement oral. On sait aujourd’hui qu’elle modifiait et adaptait son enseignement en fonction de ses élèves, et qu’elle fit de grands efforts pour faire accepter le Reiki par les américains, modifiant parfois la réalité de ce qui lui avait été enseigné. Cela contribua grandement à déformer les origines du Usui Reiki Ryōhō, et ce qu’elle enseignait était plutôt du « Reiki Takata ». Cependant, son important travail permis au Reiki d’être accepté aux États-Unis et, de là, il se répandit dans tout le monde occidental.

Madame Takata initia 22 personnes à la maîtrise entre 1976 et 1980, et mourut le 26 décembre 1980 à l’âge de 80 ans(7).

Après son décès, les Maîtres qu’elle avait formés se rencontrèrent pour s’entendre sur la manière de perpétuer son enseignement. Cette rencontre, qui donna naissance à « L’Alliance Reiki », ne fit pas l’unanimité chez les Reikika formés par Hawayo Takata. Cela amena même plusieurs scissions.

NAISSANCE DES DIFFÉRENTES LIGNÉES REIKI

La petite fille de Madame Takata, Phillis Lei Furumoto, devait pour certains devenir le « Grand Maître », sorte de dirigeante de l’Alliance. Barbara Weber Ray, un autre Maître Reiki, protesta en affirmant avoir reçu un enseignement plus complet que les autres. Elle se sépara de l’Alliance et fonda « The Radiance Technique« . Iris Ishikuro, une autre Maître Reiki, se sépara également de L’Alliance, refusant les tarifs élevés qu’elle imposait, et ajouta une série d’éléments à son enseignement, en collaboration avec Arthur Robertson, l’un de ses élèves. Un nouveau système vit le jour, le « Raku Kei Reiki », qui devint ensuite le « Reiki Usui/Tibet » suite aux modifications apportées plus tard par le Maître Reiki William Lee Rand(8).

Et cela continua encore, chacun apportant sa touche, créant ainsi de nouveaux systèmes. Au Japon également, les lignées venant de la Usui Reiki Ryōhō Gakkai et de la Hayashi Reiki Kenkyūkai se divisèrent, faisant également naitre de nouveaux systèmes « Reiki ». Certains sont toujours pratiqués aujourd’hui, et d’autres se sont éteints aussi vite qu’ils sont apparus.

Ainsi, de quelques centaines de Reikika au début du XXème siècle, on en compte désormais plusieurs centaines de millions dans le monde. Bien sûr, les systèmes « Reiki » pratiqués sont parfois très différent les uns des autres.

Aujourd’hui, bien qu’il existe une grande variété de pratiques et de croyances en ce domaine, on peut noter entre la plupart des systèmes « Reiki » les points communs suivants : l’énergie  Reiki  est au centre du système, elle est utilisable par tout le monde sans nécessiter d’exercices complexes au préalable, elle n’a pas d’effet nocif, elle se transmet par initiation et s’inscrit dans une lignée remontant directement jusqu’à Mikao Usui, le fondateur du système initial. La quasi-totalité des écoles de Reiki d’aujourd’hui reconnaissent également les cinq préceptes préconisés par Mikao Usui comme étant la pierre angulaire de la pratique du Reiki, et la voie véritable vers l’intégration concrète de son essence.

 

NOTES ET RÉFÉRENCES

1 Stèle commémorative de Mikao Usui, cimetière de Saîho-Ji : http://www.usuireikido.com/stele_usui.html
2 Frank Arjava Petter « Le Legs du Dr Usui » Ed Niando
3 Mark Hosak et Walter Lübeck « Le grand livre des symboles Reiki » éd Médicis
4 « Usui Reiki Hikkei » le manuel de Reiki de Mikao Usui. https://ecole-reiki.com/bibliotheque-reiki/
5 Hiroshi Doi  « Gendai Reiki Hô » Ed Véga
6 W.Lübeck, F.A.Petter et W.L.Rand « la quintessence du Reiki » Ed Niando
7 Marianne Streich «Comment Hawayo Takata pratiquait et enseignait le Reiki » https://ecole-reiki.com/bibliotheque-reiki/
8 Vincent Blondeau « le chamanisme Ekayana » https://chamanisme-vivant.webnode.fr/livres/

 (ouvrage également consulté) Fumio Ogawa, « Tout le monde peut faire du Reiki »

* « Reikika » est la contraction de Reikiryōhōka : Praticien de la méthode Reiki